La prévention du suicide chez les aînés

Le suicide touche toutes les tranches d’âge. Selon l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), les personnes de 65 ans et plus ne sont pas épargnées: en 2016, elles ont été près de 200 à décéder d’une mort évitable, le suicide.

Il est nécessaire de renforcer la prévention du suicide auprès de cette population. Les aînés peuvent vivre des problèmes de santé mentale ou avoir des idées ou des comportements suicidaires. Ces problèmes ne peuvent être considérés comme normaux ou inhérents à la vieillesse, quels que soient l’âge, l’état de santé ou les difficultés vécues par ceux qui les éprouvent.

Il est essentiel de détecter rapidement les signes de détresse, les facteurs de risque et les moments critiques qui rendent vulnérable la personne aînée et lui offrir les soins et les services requis. Voici quelques facteurs de risque spécifique à cette population : propos directs ou indirects concernant le suicide, repli sur soi, refus de s’alimenter, refus de soins, perte d’intérêts pour les activités, pertes significatives (ex : déménagement en CHSLD), annonce d’un diagnostic, etc.

Toutefois, un mythe toujours présent et qu’il faut défaire est de croire que  « Demander à une personne si elle pense au suicide peut lui donner l’idée de le faire ». C’est faux! Parler de suicide, ou demander directement à une personne si elle pense au suicide, ne lui donnera pas l’idée de se suicider. Au contraire, la souffrance et les pensées suicidaires peuvent isoler la personne aînée et l’amener à penser que personne ne la comprend. Le fait d’aborder avec elle le sujet sans jugement et avec bienveillance lui permet de se sentir reconnue, d’exprimer sa souffrance et d’obtenir l’aide dont elle a besoin.  Il est donc important d’être proactif en allant vers la personne aînée qui nous inquiète et en abordant la question directement avec elle. Ultimement, cela permettra aux professionnels de proposer le soutien psychologique et social nécessaire.

N’hésitez pas à informer les membres de votre équipe face à une situation de détresse d’un usager/famille. C’est tous ensemble que  nous parviendrons à faire la différence!

Par Élisabeth Toussaint, conseillère de la Direction des soins infirmiers, Marie-France Chalifoux, conseillère de la Direction des services multidisciplinaire et Brigitte Despatis, conseillère à la gestion intégrée à la qualité.

Responsable de la POR prévention du suicide au CISSS de la Montérégie-Est